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lundi 27 avril 2009

Un regard novateur

aicha

Étudiante à l’école des beaux arts de Tunis, Aïcha Snoussi est une mordue d’art. En effet elle gratte, elle peint, elle dessine depuis de nombreuses années. Cette passion, elle en fera peut être un jour un métier, mais pour le moment elle prend un malin plaisir à faire ce qu’elle aime.

« Si on remonte a mes origines, j’ai commencé avec le coloriage » déclare non sans malice la jeune et talentueuse Aïcha Snoussi. Fraichement sortie du lycée Caillou, elle hésite entre plusieurs métiers aussi différents les uns que les autres, et donc plusieurs formations. Elle balançait entre travailler dans la pêche, l’agriculture ou encore les arts du cirque. Mais elle décidera de se commencer par les beaux arts. Elle pratiquait la peinture et certaines autres disciplines avant de s’inscrire à l’ISBAT, il est clair donc que c’est dans une quête de perfectionnement et de découverte de nouveaux horizons qu’elle a décidé d’intégrer cette école. « Je voulais être dans cette école depuis que j’ai découvert ce qu’on y enseignait. » avoue t elle. Cela dit son amour pour le cirque et pour les autres disciplines est bel est bien présent et son envie de s’en imprégner est restée intact.
Cette jeune artiste hors du commun débutera dans la peinture et le dessin. Ses peintures seront même exposées lors de l’édition 2008 du Festival de Jazz à Carthage. Le thème de l’exposition était bien évidemment le Jazz mais Aïcha a su donner sa touche à cette exposition jouant sur les images et sur les mots. Son style, bien à elle, fait de cette artiste en herbe un personnage atypique et réellement prometteur. Cela pourrait s’expliquer également par ses influences artistiques « Je ne suis pas influencé par un courant en particulier mais j'adore le grotesque, que ce soit les portrait de maitre du moyen âge ou encore des œuvres surréalistes ! La laideur j’adore ça ».  Mireille Maurice n’affirme t elle pas de son coté que « la beauté est relative » ?
Cette année, Aïcha a participé à une exposition qui a connu un franc succès. Aux cotés des œuvres d’artistes comme le photographe Slim Zahara, les peintures et dessins de Aïcha ont fait très bonne figure et ont reçu les compliments de la majorité des visiteurs. L’originalité de son style et son talent sont un cocktail tonitruent qui n’a laissé personne indifférent.
Mais la jeune artiste a plus d’une corde à son arc. En effet, elle ne s’arrête pas à la peinture et au dessin. Très habiles de ses mains, elle « gratte » toutes sortes de matériaux. L’une de ses premières peintures était faite sur du bois gratté. Avec ses ustensiles, elle grattera plusieurs guitares les ornant ainsi de dessins et autres figures. Ce qui pourrait un premier pas vers la spécialité à laquelle elle se destine dans son cursus : la gravure.
En plus de ce don pour les arts, Aïcha écrit des comptines et des madrigaux. (Le madrigal est une forme ancienne de musique vocale qui s'est développée au cours de la Renaissance et au début de la période baroque). « Je n’écris pas de la poésie, ni de la prose d’ailleurs. Ca doit être quelque chose entre les deux » et malgré l’absence de publications, ce quelque chose comme elle le définit est d’une qualité qui ferait des jaloux. Mêlant un français épuré, de jolies tournures de phrases et une grande pincée de malice, ses écrits sont à son image ; originaux, intrigants et bourrés d’humour.
Pour tous ses travaux, Aïcha puise, essentiellement, son inspiration dans personnages de la littérature, les dessins animé, les histoires du moyen âge, son entourage ou encore le monde du cirque « Les animaux et les hommes m’inspirent beaucoup surtout ceux qui sont très laids, au point d’en devenir attendrissants. »
Bien que son avenir soit encore plein de rebondissements et de surprises Aïcha est sure d’une chose. Dans un futur proche, elle se lancer dans ce qu’elle appel « un voyage médiéval ». Ce voyage consiste à étudier de près des œuvres d’époque, et de s’en imprégner. Ce travail a pour but de donner naissance à des œuvres inspirées de ce qu’elle aura rencontré lors de ses recherches mais portant son empreinte a elle sous forme de parodies par exemple.
« Il y a un peintre qui ma beaucoup inspirée. Il s’appel Gérard Willemenot, c’est un peintre contemporain qui fait des choses formidables, tout en utilisant des techniques très anciennes. »
Tout ce qu’on espère à cette jeune artiste c’est de garder son style, son empreinte et de rester fidèle à ce qui fait d’elle l’une des meilleures de sa génération.

Azyz.b

Source : www.leaders.com.tn

mardi 7 avril 2009

L'art en déclin ?

art-tunisie

Force est de constater que l'art en Tunisie est en baisse constante. Cela est il du à la multiplication des galeries, des films et des concerts ? Ou est ce la faute à certains vétérans qui n'ont pas su faire passer le flambeau ?

1. La musique :

Même si la scène tunisienne regorge de groupes et d'artistes bourrés de talent, il est triste de constater que le nombre de ces acteurs croie alors que la qualité, elle, est restée au même niveau, pour ne pas dire qu'elle a baissé.

Certains styles jouissent d'une qualité supérieur, à savoir la musique électronique, le reggae pour ne citer que celle ci. La question qui se pose c'est : pourquoi le metal ou d'autres musiques plus "populaires" ne jouissent pas d'une aussi grande qualité ?

Le problème fondamental c'est la recherche de la notoriété. Cette quête incessante de reconnaissance, de célébrité et de gain ronge la musique comme une gangrène et fait que les "artistes" ne cherchent plus à faire de la qualité. Ce qui importe à ces Hemrit en herbe c'est se faire connaître et se remplir les poches. Narcissisme et bénéfices sont donc les maîtres mots de certains groupes et certains artistes tunisiens.

La scène électronique, quand à elle, n'est pas connue en Tunisie, rares sont les festivals qui lui sont dédiés et les influencent viennent toutes de l'étranger (USA, France, Liban, Angleterre...).

Le fait que personne en Tunisie n'ai de main mise sur cette musique en préserve l'intégrité et permet aux Djs de travailler en toute liberté. De plus, ils sont tenus de faire de la bonne musique car ils ont pour rôle d'introduire cette mouvance dans un pays encore attaché aux musiques consommées et consommables.

Mais il va sans dire qu'il ya d'excellents artistes tunisiens qui font du metal, du rock, et autres styles en vogue. Mais est-ce eux que l'ont voit lors des festivals comme le festival de la guitare, le festival accord ou autres festivals 100% rock... on se demande parfois si c'est le rock qui est l'honneur ou si c'est une certaine école qui nous fait une démonstration de ces poulains.

Il faudrait donc apprendre à nos jeunes l'amour de la musique avant de leur apprendre à en faire, il faut faire en sorte que la concurrence entre les groupes et les organisateurs les pousse à avancer et à se surpasser au lieu de se mettre des bâtons dans les roues. Leur inculquer la noblesse de l'art qu'ils exercent et non pas la bassaisse de certains "pédagogues".

1. Le cinéma :

Des festivals comme "hammam laghzez" ou celui de Kélibia permettent à de jeunes artistes de projeter leurs projets sur les toiles immaculées. C'est une aubaine crieront certains ! C'est certes une occasion en or pour ces amateurs de montrer au public ce qu’ils peuvent faire avec les moyens du bord. Certains économisent pour acheter du matériels, certains autres en louent alors que d'autres empruntent à droite et à gauche. Ce manque de moyen n'handicape pas ces jeunes avides d'expression. Mais le fait est que ceux qui reçoivent des subventions, ceux qui ont des budgets font du cinéma de contoir. Pour ne citer qu'eux, Cinecitta et Thalathoun sont 2 flops immenses en matière de cinéma. Il est possible que le grand public ait aimé mais est ce que les feuilletons ramadanesques ne suffisent pas à ce grand public ? Est ce que l'on ne sortira jamais de ces productions au ras des pâquerettes sous prétexte que le public aime ? Auront nous un jour, un film par an qui soit vraiment de qualité ? Je n'ai malheureusement pas la réponse, et vous non plus je suppose. Ce n'est pas à Jaziri ou à Letaief qu'il faut donner les subvenions, il faut les donner à ceux qui feront honneur à leur pays quand des étrangers regarderont leurs films, à ceux qui feront passer un message, un vrai au public tunisien. Le tunisien est loin d'être bête, il est loin d'être passif, il attend juste qu'on lui ouvre certains horizons, qu'on lui donne de l'air frais, au lieu de cette puanteur qu'on lui sert à tord et à travers.

1. La peinture :

Les galeries ne cessent de pulluler et certaines portent des noms d'une absurdité consternante. Mais le mal n'est pas la ! Les galeries sont nombreuses, les "artistes" aussi mais les œuvres sont d'une médiocrité frisant l'atteinte aux mœurs. Les vieux de la vieille restent attachés aux portes de sidi bou said à son mausolée, à son café des nattes, au machmoum, au hammam. Si ce n'est ça c'est les chevaux, les twareg, les chameux et le désert, à croire que notre pays se résume à ça.

De son coté, la nouvelle génération veut créer l'alternative et tombe dans le burlesque. Des "œuvres" dites abstraites dont on devrait faire abstraction, des peintures à l'huile de vidange, des photographies dignes des photos de vacances ratés... et met tout ça sur le dos de certains courants artistiques. "Moi je fais de l'art abstrait ... vous ne pouvez pas comprendre." Il suffit donc de s'habiller comme un sac, d'avoir une attitude "peace and love" porter un cache col en plein été et prétendre être incompris pour être artiste ? NON je pense qu'être artiste nécessite certaines autres facultés comme le talent par exemple. Ces jeunes dont il est question n'ont pris que la couche superficielle du stéréotype d'artiste c'est vous dire leur profondeur. Tenue vestimentaire adéquate, liberté sexuelle, amour de l'alcool et autres substances (indispensable, d'après eux, à la création) et refus des autres sont les maitres mots. Le plus triste c'est qu'ils finissent par y croire et en deviennent hautains.

Mais il est clair que des artistes, jeunes et moins jeunes, sont doté d'un talent inouï et qu'ils méritent leur statut d'artiste. Leurs œuvres par d'elle même et ne nous pousse pas à chercher plus loin dans leur personnalité. Quand un artiste est compétent on ne cherche pas à connaître sa personnalité, mais quand il est n'a aucun talent, on s'attarde sur lui guettant une bribe d'intérêt qu'il pourrait susciter.

Je ne chante pas le requiem de l'art en Tunisie, loin de là. Le but de ces réflexions est de faire bouger certains pour qu'ils s'améliorent, ouvrir les yeux de mes contemporains sur le coté bancal de l'art en Tunisie (le coté solide, ils pourront le voir dans les autres médias) et de demander très gentiment à certains d'arrêter de saboter leurs concurrents qui essayent tant bien que mal de développer la scène tunisienne et à donner une meilleur image de notre pays que celle que d'autres lui ont donné.

Azyz.b