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mercredi 17 juin 2009
Claudia Cardinale présente son livre sur la Tunisie, se fait décorer
La comédienne italienne Claudia Cardinale a présenté mardi "Ma Tunisie" un ouvrage paru en France et dédié au pays de son enfance, où elle a été décorée de l'Ordre national du Mérite.
Claudia Cardinale, 71 ans, est née à Tunis dans une famille sicilienne et sa première langue fut le français du temps du Protectorat de la France en Tunisie (1881-1956). L'actrice qui a joué dans plus de 15O films (1962-2006) a commencé sa carrière en Italie.
Près de son quartier natal, au coeur de Tunis, l'actrice a dédicacé son livre dans une petite librairie, prise d'assaut mardi soir par une foule de photographes, curieux et touristes.
"Ce sont mes racines, c'est la Tunisie de trois générations dont j'ai voulu parler, et les racines ne s'oublient pas, elles sont dans le coeur" a déclaré l'actrice au large sourire.
Claudia Cardinale a reçu auparavant les insignes du Grand Cordon de l'ordre du Mérite des mains du président Zine El Abidine Ben Ali. "Une belle surprise", a-t-elle commenté, "toujours heureuse" de retrouver les lieux de son enfance et la plage de sa jeunesse, à La Goulette, près de Tunis.
La comédienne, qui se présente comme "multiculturelle", avait reçu la Légion d'honneur en France l'an dernier.
Dans "Ma Tunisie" paru récemment aux éditions Timée (France), elle raconte ses souvenirs en promenant le lecteur dans des lieux mythiques de la Tunisie du siècle dernier, à travers des photos d'archives notamment.
Distribué en France, l'ouvrage a été présenté récemment en Espagne et le sera bientôt en Italie, a indiqué son éditeur Jean Paul Nadé, natif de Tunisie, lui aussi.
"C'est vrai, je suis d'origine sicilienne, et c'est à Rome que ma carrière s'est envolée. J'avais alors vingt ans... et je ne parlais pas un mot d'italien. Moi, je viens de là où le soleil réchauffe les coeurs et les corps..." écrit-elle.
Source : AFP
lundi 27 avril 2009
Un regard novateur
Étudiante à l’école des beaux arts de Tunis, Aïcha Snoussi est une mordue d’art. En effet elle gratte, elle peint, elle dessine depuis de nombreuses années. Cette passion, elle en fera peut être un jour un métier, mais pour le moment elle prend un malin plaisir à faire ce qu’elle aime.
« Si on remonte a mes origines, j’ai commencé avec le coloriage » déclare non sans malice la jeune et talentueuse Aïcha Snoussi. Fraichement sortie du lycée Caillou, elle hésite entre plusieurs métiers aussi différents les uns que les autres, et donc plusieurs formations. Elle balançait entre travailler dans la pêche, l’agriculture ou encore les arts du cirque. Mais elle décidera de se commencer par les beaux arts. Elle pratiquait la peinture et certaines autres disciplines avant de s’inscrire à l’ISBAT, il est clair donc que c’est dans une quête de perfectionnement et de découverte de nouveaux horizons qu’elle a décidé d’intégrer cette école. « Je voulais être dans cette école depuis que j’ai découvert ce qu’on y enseignait. » avoue t elle. Cela dit son amour pour le cirque et pour les autres disciplines est bel est bien présent et son envie de s’en imprégner est restée intact.
Cette jeune artiste hors du commun débutera dans la peinture et le dessin. Ses peintures seront même exposées lors de l’édition 2008 du Festival de Jazz à Carthage. Le thème de l’exposition était bien évidemment le Jazz mais Aïcha a su donner sa touche à cette exposition jouant sur les images et sur les mots. Son style, bien à elle, fait de cette artiste en herbe un personnage atypique et réellement prometteur. Cela pourrait s’expliquer également par ses influences artistiques « Je ne suis pas influencé par un courant en particulier mais j'adore le grotesque, que ce soit les portrait de maitre du moyen âge ou encore des œuvres surréalistes ! La laideur j’adore ça ». Mireille Maurice n’affirme t elle pas de son coté que « la beauté est relative » ?
Cette année, Aïcha a participé à une exposition qui a connu un franc succès. Aux cotés des œuvres d’artistes comme le photographe Slim Zahara, les peintures et dessins de Aïcha ont fait très bonne figure et ont reçu les compliments de la majorité des visiteurs. L’originalité de son style et son talent sont un cocktail tonitruent qui n’a laissé personne indifférent.
Mais la jeune artiste a plus d’une corde à son arc. En effet, elle ne s’arrête pas à la peinture et au dessin. Très habiles de ses mains, elle « gratte » toutes sortes de matériaux. L’une de ses premières peintures était faite sur du bois gratté. Avec ses ustensiles, elle grattera plusieurs guitares les ornant ainsi de dessins et autres figures. Ce qui pourrait un premier pas vers la spécialité à laquelle elle se destine dans son cursus : la gravure.
En plus de ce don pour les arts, Aïcha écrit des comptines et des madrigaux. (Le madrigal est une forme ancienne de musique vocale qui s'est développée au cours de la Renaissance et au début de la période baroque). « Je n’écris pas de la poésie, ni de la prose d’ailleurs. Ca doit être quelque chose entre les deux » et malgré l’absence de publications, ce quelque chose comme elle le définit est d’une qualité qui ferait des jaloux. Mêlant un français épuré, de jolies tournures de phrases et une grande pincée de malice, ses écrits sont à son image ; originaux, intrigants et bourrés d’humour.
Pour tous ses travaux, Aïcha puise, essentiellement, son inspiration dans personnages de la littérature, les dessins animé, les histoires du moyen âge, son entourage ou encore le monde du cirque « Les animaux et les hommes m’inspirent beaucoup surtout ceux qui sont très laids, au point d’en devenir attendrissants. »
Bien que son avenir soit encore plein de rebondissements et de surprises Aïcha est sure d’une chose. Dans un futur proche, elle se lancer dans ce qu’elle appel « un voyage médiéval ». Ce voyage consiste à étudier de près des œuvres d’époque, et de s’en imprégner. Ce travail a pour but de donner naissance à des œuvres inspirées de ce qu’elle aura rencontré lors de ses recherches mais portant son empreinte a elle sous forme de parodies par exemple.
« Il y a un peintre qui ma beaucoup inspirée. Il s’appel Gérard Willemenot, c’est un peintre contemporain qui fait des choses formidables, tout en utilisant des techniques très anciennes. »
Tout ce qu’on espère à cette jeune artiste c’est de garder son style, son empreinte et de rester fidèle à ce qui fait d’elle l’une des meilleures de sa génération.
Azyz.b
Source : www.leaders.com.tn
lundi 20 avril 2009
Jazz à Carthage: l’Afrique était à l’honneur
Du 9 au 19 avril 2009, cette session de «Jazz à Carthage by Tunisiana» s’est caractérisée par une participation africaine importante mais aussi un éclectisme pertinemment programmé.
C’est sur le web que les premiers billets ont été vendus en des temps record ! «Jazz à Carthage by Tunisiana», dans sa cinquième édition, a enregistré un nouveau succès auprès d’un public assoiffé d’événements musicaux de qualité. Loin de la sonorisation défaillante et des conditions de spectacle désagréables, «Jazz à Carthage by Tunisiana» a encore drainé des milliers de spectateurs, amateurs et passionnés venus découvrir sur scène les performances de quelques vedettes de la scène jazz internationale. La communication déjà établie avec un site web aussi informatif que divertissant (www.jazzacarthage.com) mais aussi à travers des pages d’événements sur Facebook. La vente s’est aussi fiée au web sur www.scoop-tickets.com, depuis le mois de janvier, avec un pourcentage variant entre 20% et 30% des billets disponibles en ligne. Témoin de la réussite de la communication événementielle sur le web, la salle du Barcélo, hôtel hôte de l’événement, était archicomble au minimum durant 3 soirées dont celle d’Anouar Brahem et celle de Keziah Jones. A commencer, jeudi 9 avril, par la scène jazz britannique lors de l’ouverture avec Ray Gelato, maestro du swing et maître incontesté du saxophone, en passant par l’authentique scène jazz américaine représentée par Charles Lloyd, génie de saxophone et de flûte, un véritable monument du jazz dont la carrière a croisé celle des incontournables BB King, Keith Jarett, Don Cherry, Ornette Coleman ou encore Petrucciani. Les concerts de cette session nous ont permis de découvrir, en live, les multiples facettes que le jazz a pu prendre au fil des années. Nominé aux Grammy en 1997 et en 1999 ou encore winner du Miles Davies Award au Montréal Jazz Festival en 2006, le pianiste américain Brad Mehldau était de la partie.Quant aux amateurs d’un jazz puisant dans l’old school réinventant la new school, ils étaient gâtés avec l’humour et la sensibilité décapants du vocaliste d’exception, Kevin Mahogany. La cuisine interne de Scoop Organisation ne s’est pas contentée de cela, mais elle est partie plus loin que le jazz afin de nous faire découvrir d’autres couleurs musicales. Dans cette perspective, l’Afrique, terre d’origine de cette musique, était à l’honneur !
Remarquable participation que celle des artistes africains lors de cette 5ème édition de «Jazz à Carthage» ! «Certains américains et européens me disent que je fais de l’afro jazz alors que, non ! C’est tout simplement de la musique malienne, de la musique africaine !» déclare Oumou Sangaré lors d’une rencontre avec la presse après son concert. Accompagnée par 10 musiciens et choristes, Oumou Sangaré a ébloui un public tunisien peu familiarisé avec la culture de son propre continent et lui a fait découvrir plusieurs instruments très particuliers dans leur usage et leur spécificité sonore : la Calebasse et le Kamele N'Goni. Mais le moment le plus fort a été l’œuvre du Nigérian, Keziah Jones. «Peut être que ma musique est attachante, parce qu’avant quand je jouais dans les rues de Londres et ceux de Paris, je cherchais a attiré l’attention des gens par tous les moyens. C’est comme ça que j’ai commencé à me servir de ma guitare pas uniquement comme un instrument mélodique mais aussi en tant qu’instrument de percussion.» explique Keziah. Tirant son énergie des percussions africaines et son élan de l’usage particulier de la guitare, la musique de Keziah Jones a fait vibrer la foule lors de 2 concerts suite à l’annulation de la participation d’Ayo.
Voilà que l’inventeur du Blufunk s’est trouvé un public assoiffé de groove et à une association bien tressé entre les solos de performer de Keziah et son côté spontané du chanteur qui se met à torse nue avec la montée de chaleur dans la salle du concert.
Keziah se démarque par son attachement à ses origines africaines, et sa lutte pour l'égalité culturelle. Porteur de la négritude en musique comme le fut Sédar Senghor en poésie, Keziah s’est exprimé à ce sujet : « Toutes les mélodies et les compositions européennes ont des copyrights (droits d’auteur) et les musiciens européens et américains en prennent comptent, mais quand il s’agit des rythmes africains tout le monde peut en faire usage dans la totale légalité. C’est injuste et je pense qu’il y a un énorme travail à faire par rapport à ça.»
En première mondiale, Anouar Brahem a présenté son nouveau projet dont le disque paraîtra vers août 2009. Il y était bien entouré, dans une formation quartet installant une atmosphère plus chaude avec l’intégration de la percussion absente dans les dernières créations du grand enfant de Halfaouine. «C’est dédié à l’âme du poète palestinien Mahmoud Darwich !» confie Anouar aux quelques 1300 spectateurs. Offrant des morceaux comme "Ashiq Min Beirut ", "Raks Ala Al-Amwej ", "Tareeq Ila Djibouti " and "Ila Oyooni Rita ". Anouar Brahem Quartet venant de 4 pays différents (Tunisie, Allemagne, Suède et Liban), n’a cessé tout au long du spectacle de nous faire voyager, une destination après l’autre, jusqu’à ce qu’on se retrouve dans un lieu très particulier. Ni Djibouti, ni Moyen Orient, ni même la médina de Tunis… bienvenue au nouvel univers d’Anouar Brahem… Bienvenue en Afrique, premier producteur mondial de rythme !
Thameur Mekki
Source : Tekiano
vendredi 17 avril 2009
Jazz à Carthage : Ayo reporte, Keziah remporte
Ayo ne sera pas sur la scène de «Jazz à Carthage by Tunisiana» lors de la soirée du jeudi 16 avril 2009. Son concert à guichets fermés est reporté. Après avoir mis le feu à la salle du Barcelo, mercredi 15 avril, Keziah Jones, l’autre star nigériane a assuré une deuxième soirée consécutive pour remplacer sa compatriote.
«Ayo est contrainte de rester chez elle en Allemagne, l’avion pouvant constituer selon ses médecins un danger pour ses tympans et compromettre ainsi irrémédiablement sa voix». C’est en tout cas ce qui ressort d’un communiqué publié mercredi 15 avril par Scoop Organisation. Suite à cette maladie contractée en Australie, Ayo a annulé d’autres dates, à l’image de son rendez-vous avec le public tunisois, tel qu’un concert prévu à Casablanca le 17 avril.
Quant à la première partie du concert du 16 avril consacrée à l’incontournable bluesman américain, Kevin Mahogany, elle a été maintenue et elle a eu lieu comme prévu dans le programme. Keziah Jones a accepté de donner un deuxième concert en solo acoustique avec un répertoire différent de celui qui a enflammé l’ambiance lors du concert du mercredi 15 avril. Ce dernier ne sera pas accompagné par les rythmes emportant de son batteur Michaël Desir et le groove de son bassiste Stéphane Castry. Amateurs et passionnés de l’acoustique auront droit à un show moins noisy que celui du 15 avril. Quant à la sensualité, elle est garantie par Keziah Jones alternant dans son jeu mélodies rythmiques et solos époustouflants ce qui lui a valu le surnom du «Jimmy Hendrix nigérian» ou «le Jimmy Hendrix des temps modernes». «C’est vraiment flatteur de me surnommer ainsi mais il y a un seul Jimmy Hendrix, UN SEUL !», déclare Keziah Jones lors d’une rencontre avec la presse qui s’est tenue juste après son concert du mercredi 15 avril. Dans le même communiqué publié par Scoop Organisation le 15 avril, il est noté que le concert d’Ayo a été «reporté à une date ultérieure». Comme il a été annoncé par le comité d’organisation que les billets du concert de 16 avril de Kevin Mahogany et Keziah Jones ont été mis à disposition au Barcelo.
Quant à ceux qui souhaitent être remboursés, le comité d’organisation nous a informé qu’une permanence sera assurée au Box Jazz à Carthage au Barcelo Hotel à Gammarth les 24 et 25 avril de 10h à 19h. Dommage pour les fans d’Ayo qui allaient découvrir son nouvel album, «Gravity At Last» en live ! «At Last (enfin), signifie surtout que je suis aujourd’hui plus sereine, plus en paix avec moi-même. Je me sens plus forte désormais, et je laisse le passé derrière moi.» déclare Ayo. Un album à la limite de l’inconnu par le public tunisien qui a trop apprécié le premier, «Joyful». Avec ce premier opus, elle conquiert le cœur du public par sa voix magnétique et chaude. Et l’énorme tube “Down On My Knees”, propulsera son premier album « Joyful » jusqu’à l’exploit : plus de 450.000 disques vendus en France plus de 30 semaines dans le Top 20 des meilleures ventes, de multiples concerts, dont 5 complets à l’Olympia, qui donneront lieu à un DVD, « Live At The Olympia », certifié platine à son tour. Nommée aux Victoires de la musique en 2007, catégorie "Artiste féminine de l’année", et meilleur clip pour “Down On My Knees”, tout réussit à la jeune femme, qui transmettra sa joie de vivre par delà les frontières, et sortira son album «Joyful» dans 40 pays.
Thameur Mekki
Source: tekiano.com
mardi 7 avril 2009
L'art en déclin ?
Force est de constater que l'art en Tunisie est en baisse constante. Cela est il du à la multiplication des galeries, des films et des concerts ? Ou est ce la faute à certains vétérans qui n'ont pas su faire passer le flambeau ?
1. La musique :
Même si la scène tunisienne regorge de groupes et d'artistes bourrés de talent, il est triste de constater que le nombre de ces acteurs croie alors que la qualité, elle, est restée au même niveau, pour ne pas dire qu'elle a baissé.
Certains styles jouissent d'une qualité supérieur, à savoir la musique électronique, le reggae pour ne citer que celle ci. La question qui se pose c'est : pourquoi le metal ou d'autres musiques plus "populaires" ne jouissent pas d'une aussi grande qualité ?
Le problème fondamental c'est la recherche de la notoriété. Cette quête incessante de reconnaissance, de célébrité et de gain ronge la musique comme une gangrène et fait que les "artistes" ne cherchent plus à faire de la qualité. Ce qui importe à ces Hemrit en herbe c'est se faire connaître et se remplir les poches. Narcissisme et bénéfices sont donc les maîtres mots de certains groupes et certains artistes tunisiens.
La scène électronique, quand à elle, n'est pas connue en Tunisie, rares sont les festivals qui lui sont dédiés et les influencent viennent toutes de l'étranger (USA, France, Liban, Angleterre...).
Le fait que personne en Tunisie n'ai de main mise sur cette musique en préserve l'intégrité et permet aux Djs de travailler en toute liberté. De plus, ils sont tenus de faire de la bonne musique car ils ont pour rôle d'introduire cette mouvance dans un pays encore attaché aux musiques consommées et consommables.
Mais il va sans dire qu'il ya d'excellents artistes tunisiens qui font du metal, du rock, et autres styles en vogue. Mais est-ce eux que l'ont voit lors des festivals comme le festival de la guitare, le festival accord ou autres festivals 100% rock... on se demande parfois si c'est le rock qui est l'honneur ou si c'est une certaine école qui nous fait une démonstration de ces poulains.
Il faudrait donc apprendre à nos jeunes l'amour de la musique avant de leur apprendre à en faire, il faut faire en sorte que la concurrence entre les groupes et les organisateurs les pousse à avancer et à se surpasser au lieu de se mettre des bâtons dans les roues. Leur inculquer la noblesse de l'art qu'ils exercent et non pas la bassaisse de certains "pédagogues".
1. Le cinéma :
Des festivals comme "hammam laghzez" ou celui de Kélibia permettent à de jeunes artistes de projeter leurs projets sur les toiles immaculées. C'est une aubaine crieront certains ! C'est certes une occasion en or pour ces amateurs de montrer au public ce qu’ils peuvent faire avec les moyens du bord. Certains économisent pour acheter du matériels, certains autres en louent alors que d'autres empruntent à droite et à gauche. Ce manque de moyen n'handicape pas ces jeunes avides d'expression. Mais le fait est que ceux qui reçoivent des subventions, ceux qui ont des budgets font du cinéma de contoir. Pour ne citer qu'eux, Cinecitta et Thalathoun sont 2 flops immenses en matière de cinéma. Il est possible que le grand public ait aimé mais est ce que les feuilletons ramadanesques ne suffisent pas à ce grand public ? Est ce que l'on ne sortira jamais de ces productions au ras des pâquerettes sous prétexte que le public aime ? Auront nous un jour, un film par an qui soit vraiment de qualité ? Je n'ai malheureusement pas la réponse, et vous non plus je suppose. Ce n'est pas à Jaziri ou à Letaief qu'il faut donner les subvenions, il faut les donner à ceux qui feront honneur à leur pays quand des étrangers regarderont leurs films, à ceux qui feront passer un message, un vrai au public tunisien. Le tunisien est loin d'être bête, il est loin d'être passif, il attend juste qu'on lui ouvre certains horizons, qu'on lui donne de l'air frais, au lieu de cette puanteur qu'on lui sert à tord et à travers.
1. La peinture :
Les galeries ne cessent de pulluler et certaines portent des noms d'une absurdité consternante. Mais le mal n'est pas la ! Les galeries sont nombreuses, les "artistes" aussi mais les œuvres sont d'une médiocrité frisant l'atteinte aux mœurs. Les vieux de la vieille restent attachés aux portes de sidi bou said à son mausolée, à son café des nattes, au machmoum, au hammam. Si ce n'est ça c'est les chevaux, les twareg, les chameux et le désert, à croire que notre pays se résume à ça.
De son coté, la nouvelle génération veut créer l'alternative et tombe dans le burlesque. Des "œuvres" dites abstraites dont on devrait faire abstraction, des peintures à l'huile de vidange, des photographies dignes des photos de vacances ratés... et met tout ça sur le dos de certains courants artistiques. "Moi je fais de l'art abstrait ... vous ne pouvez pas comprendre." Il suffit donc de s'habiller comme un sac, d'avoir une attitude "peace and love" porter un cache col en plein été et prétendre être incompris pour être artiste ? NON je pense qu'être artiste nécessite certaines autres facultés comme le talent par exemple. Ces jeunes dont il est question n'ont pris que la couche superficielle du stéréotype d'artiste c'est vous dire leur profondeur. Tenue vestimentaire adéquate, liberté sexuelle, amour de l'alcool et autres substances (indispensable, d'après eux, à la création) et refus des autres sont les maitres mots. Le plus triste c'est qu'ils finissent par y croire et en deviennent hautains.
Mais il est clair que des artistes, jeunes et moins jeunes, sont doté d'un talent inouï et qu'ils méritent leur statut d'artiste. Leurs œuvres par d'elle même et ne nous pousse pas à chercher plus loin dans leur personnalité. Quand un artiste est compétent on ne cherche pas à connaître sa personnalité, mais quand il est n'a aucun talent, on s'attarde sur lui guettant une bribe d'intérêt qu'il pourrait susciter.
Je ne chante pas le requiem de l'art en Tunisie, loin de là. Le but de ces réflexions est de faire bouger certains pour qu'ils s'améliorent, ouvrir les yeux de mes contemporains sur le coté bancal de l'art en Tunisie (le coté solide, ils pourront le voir dans les autres médias) et de demander très gentiment à certains d'arrêter de saboter leurs concurrents qui essayent tant bien que mal de développer la scène tunisienne et à donner une meilleur image de notre pays que celle que d'autres lui ont donné.
Azyz.b
samedi 4 avril 2009
Cinéma: Les Anges de Satan d’Ahmed Boulane
C’est une production de 2007 à laquelle ont pris part Néjib Ayed en tant que producteur associé et quelques techniciens tunisiens connus dont le regretté Elyès Zrelli comme premier assistant réalisateur.
Le film raconte le cauchemar vécu par un groupe de jeunes casablancais passionnés de hard rock après leur arrestation pour satanisme et ébranlement de la foi musulmane. Inspirée de faits réels, cette fiction s’attaque à l’obscurantisme intégriste qui tend à s’infiltrer dans toutes les sphères de la décision politique, et appelle à un combat de tous les instants contre les ennemis de l’art et de l’expression libre. Sur le plan technique et artistique Les Anges de Satan est quasiment sans défaut mais certains acteurs nous ont semblé manquer de professionnalisme ; heureusement que ce n’étaient pas ceux qui jouaient les rôles principaux, en l’occurrence les jeunes mélomanes condamnés lesquels ont fait preuve d’une maîtrise et d’un naturel étonnants. Néanmoins, le film choque par le faux dualisme qu’il instaure entre l’intégrisme islamiste et les idéaux très flous voire déracinés que défendent les hard rockers. La liberté, à en croire le réalisateur, serait de lâcher la bride aux jeunes et de ne pas contester leur engouement pour l’imitation des comportements et des choix d’une certaine jeunesse occidentale. Pouvoir porter des boucles d’oreilles, se couvrir le corps de tatouages, se percer le nez et les lèvres, mettre des t-shirts aux motifs pas toujours innocents, coiffer ses cheveux en queue de cheval, jouer du heavy metal, se passionner pour Spider man et les bandes dessinées européennes, sont-ce les revendications les plus pressantes des jeunes marocains ou maghrébins et arabes d’une façon générale ? A moins d’interpréter cela comme une métaphore du désir de changement radical qui anime les hommes libres dans ces contrées, nous n’y voyons qu’une bénédiction à peine déguisée de la déculturation. Le film, nous dit son auteur, vise à éduquer les jeunes. Nous avons beau chercher la leçon qu’il leur inculque, elle nous a échappé. Par contre, nous avons remarqué que dans le film ce sont les parents des jeunes qui ont été convertis à la « religion » de leur progéniture, ou s’y sont résignés (prosélytisme d’un genre différent en fin de compte). Pour un peu ils se seraient mis eux aussi à jouer du hard rock, à se faire des tresses de Bob Marley et à mettre des piercings sur leurs nombrils et entre les deux fesses ! Le réalisateur s’enorgueillit du fait que le public qui a aimé son film est composé essentiellement de jeunes. Certes, mais ce n’est pas un critère suffisant pour juger de la valeur d’une œuvre cinématographique ou artistique, autrement Ahmed Boulane laisserait entendre que les moins jeunes ne savent pas ou plus apprécier les bons films ! En tout cas et pour ne pas accabler ce très sympathique metteur en scène, nous dirons que le film nous aurait emballés davantage s’il avait choisi d’autres sujets sur lesquels la polémique avec les obscurantistes est vraiment d’actualité dans les sociétés arabo-musulmanes. Et puis, le combat des organisations et partis démocrates et progressistes n’est pas au Maroc ni ailleurs dirigé contre les seuls islamistes. Les Anges de Satan le laisse croire par moments.
Qui est Ahmed Boulane ?
Né en 1956 à Salé, ce cinéaste connaît beaucoup de succès notamment auprès des jeunes pour son audace critique. Il en est aujourd’hui à son troisième long métrage, les deux autres sont Ali, Rabea et les autres et Voyage dans le passé. Les Anges de Satan a réalisé plus de 120.000 entrées au Maroc et les films qui l’ont précédé ont remporté plusieurs récompenses nationales et internationales.
Bref entretien avec A. Boulane
Nous avons eu avec cet aimable réalisateur un bref entretien juste avant la projection de son film. Nous en rapportons ces extraits : « Mon film a remporté du succès auprès des jeunes parce qu’il se rapproche le plus possible de leurs préoccupations. D’autre part, il leur sert ce qu’ils aiment, c’est-à-dire du produit américain semblable à celui dont ils raffolent. Le rythme virevoltant de certaines scènes du film et la vie truculente qui caractérise ses héros sont diamétralement opposés à la monotonie des films marocains auxquels on les a habitués. Ce n’est pas que nous ne cherchions qu’à complaire à ce public, non ! Nous voulons l’éduquer aussi. Cependant, nous ne devons pas en tant qu’adultes exiger des jeunes qu’ils nous ressemblent en tout. Il faut trouver entre eux et nous des points de rencontre, un terrain d’entente. C’est un peu le message de mon film sur ce point. »
Badreddine BEN HENDA
Source : Le Temps
vendredi 20 février 2009
Cinecitta : braquage de banque à la tunisienne
Cinecitta, est actuellement projeté dans les salles de cinéma à Tunis et à Sousse. C’est le premier long métrage autofinancé et réalisé par Brahim Letaïef, un réalisateur bien connu dans le domaine du cinéma tunisien et producteur de courts métrages et documentaires dont : « Casting pour un mariage », « Visa » et « 10 Courts 10 Regards »…
Ce film réunit Mohamed Ali Ben Jemaa, Jaafar Gasmi, Dora Zarrouk, Jamal Madani, Raouf Ben Amor, Monem Chouayet, Mohamed Ali Nahdi, et Mohamed Grayaa, interprétants cette comédie qui traite des aspects de la production cinématographique en retraçant l’expérience d’un réalisateur tunisien, qui décide de dévaliser une banque et ayant pour complices son scénariste et son producteur pour pouvoir réaliser son film suite au refus d’aide à la production annoncé par la commission d’aide au cinéma, et c'est ainsi qu’il s’est laissé entraîner dans une aventure très spéciale et une suite d’évènements inattendus…
Cinecitta a eu un succès populaire, suite aux projections des deux avant-premières, auprès des spectateurs tunisiens qui ont apprécié cet humour particulier basé sur les jeux de mots et les propos « audacieux » transmettant subtilement des messages. Il s’agit donc, d’une comédie qui nous éloigne finalement de ce qu’on avait l’habitude de voir dans le cinéma tunisien et des quelques thèmes qu’il aborde.
Le réalisateur du film rend hommage au grand réalisateur égyptien Youssef Chahine, au grand producteur tunisien Ahmed Bahaeddine Attia, au cinéma italien notamment à « La dolce Vita » de Federico Fellini, et d’autres références de l’histoire du cinéma à travers plusieurs clins d’œil, que certains spectateurs ont jugés mal placés, voir, totalement parachutés à cause de leur rupture avec le scénario et l’enchainement logique des faits.
Cinecitta a remporté, avant sa sortie officielle, le prix du meilleur long-métrage tunisien choisi par le public aux JCE (Journées du cinéma européen) et le Prix du scénario au Festival de Montpellier. Brahim Letaïef espère aussi que le film sera sélectionné en compétition prochaine session du festival de Cannes.
Ce film vient apporter beaucoup d’espoir au cinéma tunisien, avec une innovation non seulement sur le plan de sa production mais aussi au niveau de sa distribution qui utilise des moyens très importants en matière de publicité pour le promouvoir.
Oussama J.
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