samedi 4 avril 2009

Spots publicitaires : à consommer avec modération

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L’obésité est devenue un problème de santé public. Ce fléau touche de plus en plus les jeunes et les adolescents, entraînant des maladies émergentes et des complications métaboliques. La publicité rend-elle obèse? Quelles sont ses limites ?

Tel est l’intitulé de la table ronde qui s’est tenue récemment à Tunis, à l’initiative de l’Institut national de nutrition et dont l’objectif est surtout l’éducation et la prise en charge hygiéno-diététique. Comment manger sain surtout en présence de l’industrialisme de l’alimentation. Le but de cette table ronde est, selon les conférenciers, de passer un message éducatif pour opter pour un mode nutritionnel sain et l’hygiène de vie d’une façon générale. Une étude effectuée fin mars a eu pour objectif d’étudier l’impact de l’obésité en Tunisie. «L’institut tiendra compte des résultats de l’enquête dans la lutte contre l’obésité», ont indiqué les intervenants, Pr Leïla Alouène de l’Ecole supérieure et technique de la santé et Mme Sabeh Mahmoudi, maître assistante à l’Institut de presse et des sciences de l’information, en présence de Mme Latifa Beltaïfa, nutritionniste, et Amel Naïja, docteur en communication.

Dans sa communication intitulée «Education nutritionnelle et publicité : quelle cohabitation?», Mme Alouène a indiqué que l’institut a effectué, tout récemment, une étude qui s’est intéressée aux loisirs des Tunisiens. «Cette étude a démontré que les jeunes passent 120 minutes par jour devant la TV contre 7 pour les activités sportives et 3 pour la lecture. Ce qui est préoccupant, c’est que la TV conditionne nos vies et a pris un rôle de socialisation. L’enfant se réfère à tout ce qu’il voit», a indiqué l’oratrice.

La publicité est une stratégie d’incitation à la consommation. «Désormais, on assiste à la notion : l’enfant est roi; les publicitaires font tout pour l’influencer», a-t-elle ajouté. Lorsqu’il s’agit d’obésité, tout le monde montre la publicité du doigt. Etre sédentaire, c’est passer 50 minutes devant la TV. «En Tunisie, il y a de plus en plus de publicité alimentaire. Il y a, en outre, déstructuration des pubs». D’après une étude, «70% des enfants ont essayé une fois le produit vu à la TV, ils ont augmenté leur consommation, surtout les chocolats, les yaourts enrichis de sucre et de crème fraîche, les sodas, ils ont même testé le couscous et les pâtes», souligne Mme Alouène. En France, c’est la publicité qui incite les enfants à manger. Les produits nutritionnels ne représentent que 13% de la fameuse pyramide alimentaire de la publicité. C’est le déséquilibre du podium. Il n’y a pas que le problème de la publicité, il faut en outre changer toute l’hygiène de vie. Comment faire confiance à la diététique qui évolue sans cesse ? Il faudrait communiquer sur le plaisir de manger et développer la culture de bonne bouffe car, lorsqu’on parle d’alimentation, il y a un risque de blocage. La publicité est là, et nous sommes bien, a martelé l’oratrice. Et d’ajouter : «Il faut trouver le juste milieu en surveillant le poids et le marketing. Il ne faut pas culpabiliser la publicité car c’est une incitation à la consommation. Il n’y a aucune réglementation au niveau de l’Institut national de la consommation».

Il va falloir mettre en place des règles de conduite. Il faut en outre qu’il y ait des études et des statistiques fiables pour promouvoir l’exercice physique, a indiqué l’assistance qui a mis l’accent sur les complications de l’obésité et les maladies chroniques qu’elle engendre comme l’hypertension artérielle. Des recommandations issues de cette table ronde s’articulent autour de la mise en place de cultures. Il faut réfléchir à une contre influence en mettant des mécanismes régulateurs. Il faut que l’institut joue un rôle de leader et pense à une stratégie de prévention qui ne peut se réaliser que par une volonté politique.
Source : La Presse

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